Les cafards
Chapitre 5
Le calme était revenu.
Sous le soleil de plomb, les cigales chantaient.
Les commerçants ramassaient les éclats de verre qui jonchaient le sol.
Les passants vaquaient à leurs occupations.
Quelques policiers étaient là, et surveillaient mornement la foule.
Des panaches de fumée s’élevaient encore des décombres.
On ne savait pas vraiment qui avait fait le coup.
Certains accusaient les uns, certains accusaient les autres.
Quoi qu’il en soit, des personnes avaient profité de la nuit pour mettre le feu au petit commissariat de quartier qui protégeait la place, peu après l’émeute.
Sans doute des manifestants voulant se venger des traitements infligés à leurs pairs par les forces de l’ordre.
Nul ne le savait vraiment.
L’incendie avait pris d’un coup, embrasant tout l’immeuble.
Les habitants, arrachés à leurs songes par la fumée et les flammes, n’avaient pas eu le temps de réagir.
Personne n’en avait réchappé.
Sur la place, à l’ombre des platanes à moitié calcinés, aussi près que possible de la carcasse noircie, des hommes et des femmes pleuraient.
Le malheur n’a pas de camp.
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